L'alimentation en eau potable - Qualité de l'eau distribuée
Les nitrates et la qualité de l'eau prélevée en 2007 pour la consommation humaine.

En Eure-et-Loir, les nitrates constituent le paramètre le plus souvent mis en cause dans les situations de dépassement des limites de potabilité des eaux prélevées, comme des eaux distribuées par les réseaux publics.

Les 297 puits et forages utilisés en 2007 pour l'approvisionnement de la population départementale permettent de disposer d'un aperçu général de la qualité des nappes vis-à-vis de cet élément qui constitue un bon indicateur de sensibilité aux effets de la pollution dite "diffuse" par opposition aux pollutions ponctuelles ou accidentelles.

Les nitrates dans l'eau des puits et forages d'eau potable en 2007.
Nombre de puits ou forages selon la teneur en nitrates de l'eau (en mg/l).
   
   
0-25
26-40
41-50
51-70
71 et +
Pas de données (*)
   
(*) Réseaux approvisionnés par un mélange d'eau : plusieurs analyses sont pratiquées annuellement sur l'eau mélangée mais l'eau brute de chaque forage n'est analysée qu'une fois tous les deux ans, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.
Source : DDASS 28 - 2007

On constate que :
  • - pour 99 puits ou forages (près de 33 % du total), la concentration en nitrates de l'eau est supérieure à la limite de potabilité de 50 mg/l, En 2000, ces chiffres s’établissaient respectivement à 91 puits et 27 % du total.
  • - pour plus de 23 % des puits et forages (60 sur 297), cette concentration se situe dans la fourchette 40 à 50 mg/l.

Si cette pollution de la ressource par les produits azotés n'est pas maîtrisée, les collectivités (communes, syndicats..) rencontreront de plus en plus de difficultés pour fournir de l'eau potable à leurs abonnés, alors qu'il s'agit d'une obligation légale.

En effet, même s'il existe des installations de traitement pour éliminer ou réduire les nitrates de l'eau distribuée, les coûts correspondants peuvent difficilement être supportés lorsque les réseaux n'approvisionnent que quelques centaines ou quelques milliers d'abonnés.

Il est indispensable qu'une impulsion nouvelle soit donnée aux actions de prévention, en particulier dans le domaine de la pollution diffuse.

Les nitrates et les eaux des distributions publiques en 2007

Une eau potable ne doit pas contenir plus de 50 mg de nitrates par litre.

RAPPEL DES EFFETS SUR LA SANTE

  • Les nitrates peuvent se transformer en nitrites qui réduisent les capacités de transport de l'oxygène par l'hémoglobine du sang. Les nourrissons et les femmes enceintes constituent la population la plus sensible à ce phénomène.

  • L'hypothèse concernant l'effet cancérigène n'est pas définitivement tranchée.

Il est exact que l'eau d'alimentation ne constitue pas la seule voie d'apport puisque de nombreux aliments renferment des nitrates, parfois en concentration élevée (légumes frais, mais aussi produits de charcuterie où les sels nitrés sont utilisés pour la conservation).

Toutefois dès que la concentration dans l'eau excède 50 mg/l, la dose journalière admissible (DJA), c'est-à-dire la quantité globale journalière qu'il est souhaitable de ne pas dépasser pour le total des apports alimentaires, est très rapidement atteinte.

En tout état de cause, tant pour des motifs d'ordre sanitaire que dans un objectif d'équilibre des milieux naturels, il est indispensable de limiter le niveau d'exposition et donc de maîtriser ce phénomène d'enrichissement continu des ressources en eau.

La qualité de l'eau distribuée par les réseaux publics en 2007.
Nombre de réseaux selon la teneur en nitrates de l'eau
distribuée en 2007 (en mg/l).
   
   
0-25
26-40
41-50
51-70
71 et +
   
   

% de la population desservie et teneur en nitrates en 2007(en mg/l)

   
   
0-25
26-40
41-50
51-70
71 et +
   
   
Source : DDASS 28 - 2007

On constate que :
  • 104 réseaux ont distribué à près de 12% de la population du département une eau non conforme à la limite réglementaire de 50 mg/l de nitrates en 2007. Pour l’année 2000, ces chiffres s’établissaient respectivement à 94 réseaux et 11% de la population. La situation a continué à se dégrader malgré l’abandon de nombreux captages contaminés vis-à-vis de ce paramètre.

  • pour 9,5% de la population, la teneur en nitrates de l'eau fournie en 2007, était comprise entre 40 et 50 mg/l.

  • 0,6 % de la population (2 618 personnes) a reçu une eau à teneur moyenne en nitrates supérieure à 70 mg/l.

A signaler que trois collectivités importantes du département, la communauté d’agglomération de CHARTRES Métropole, la CAdD (Communauté d’agglomération de Dreux) et la commune de Châteaudun ont dû installer des unités pour traiter, tout ou partie, de l'eau produite du fait de teneurs excessives en nitrates.

Si ces installations n'existaient pas, ce serait alors plus de 31 % de la population qui recevrait une eau renfermant plus de 50 mg/l de nitrates.

Les données individuelles concernant la qualité de l'eau des forages et la qualité de l'eau distribuée par chacun des réseaux publics du département en 2007 figurent sur les deux cartes suivantes.

Enfin, si les nitrates constituent un bon indicateur, il est bon de rappeler que leur présence s'accompagne assez souvent d'autres éléments indésirables (pesticides notamment) moins fréquemment dosés car plus délicats et plus coûteux à rechercher, mais qui justifient tout autant de se préoccuper activement de la préservation d'une ressource naturelle qui connaît aujourd'hui un état de dégradation incontestable.

CONCENTRATION MOYENNE EN NITRATES EN 2007
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Les pesticides et la qualité de l’eau distribuée par les réseaux publics de 2005 à 2007

Les analyses de pesticides sont moins fréquentes que celles concernant les nitrates et le bilan est établi sur la base des données obtenues sur une période glissante de 3 ans : 2005 - 2007.

Durant cette période, près de 22 % de la population départementale (89 291 personnes) a reçu, plus de 30 jours par an, une eau à teneur en pesticides supérieure à la limite de qualité de 0,1 microgramme/litre, dont 24 813 (9,3 % du total départemental et 34 réseaux de distribution) supérieure à 0,4 microgramme/litre.

Ce seuil de 0,4 µg/l correspondant à la valeur-guide fixée par l'agence française de sécurité sanitaire des aliments, pour l'atrazine et au delà de laquelle des restrictions de consommation sont recommandées pour certaines catégories de population.

A 5 exceptions près qui concernent le glyphosate et le diuron, les concentrations maximales observées concernent l'atrazine (herbicide de la famille des triazines). Bien que sa commercialisation soit interdite depuis le 30 septembre 2002 et son utilisation depuis le 30 juin 2003, il en est toujours retrouvé dans les eaux souterraines et de surface du département sans qu'une tendance nette ne se dégage vers une amélioration ou une dégradation de la situation.

En Eure et Loir, l'ensemble des situations de restriction de la consommation liées aux pesticides, est imputable à une concentration excessive en atrazine.

A noter que l'on observe de plus en plus souvent, mais sans atteindre les chiffres évoqués pour l'atrazine, des dépassements de la limite de qualité de 0,1 µg/l pour le glyphosate, herbicide massivement employé, notamment en substitution à l'atrazine. La plupart du temps, les pics observés ne sont pas confirmés lors des recontrôles qui suivent et correspondent à des dépassements de durée brève.

Les anomalies "pesticides" sont fréquemment mais pas systématiquement liées aux anomalies "nitrates".

Le bilan national publié en juin 2007 par le ministère de la santé sur la qualité de l'eau potable en France, montre que l'Eure-et-Loir figure parmi les 3 départements les plus concernés par la pollution par les pesticides dans l'eau distribuée, avec la Seine-et-Marne et le Pas-de-Calais.

Sur les 139 réseaux (ou unités de distribution) totalisant 110 557 consommateurs, pour lesquels la teneur constatée en pesticides à justifié de prononcer des mesures de restriction des usages, 25 % sont situés en Eure-et-Loir pour 22 % de l'effectif national de la population concernée.

CONCENTRATION MAXIMALE EN PESTICIDES (matière active + métabolites)
EN DISTRIBUTION SUR LA PERIODE 2005 à 2007
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